MFR de Cormaranche en Bugey – BTS Construction et Habitat Durable – 2019

C’est le paramètre local qui a été privilégié : tous les matériaux ont été trouvé près de la MFR de Cormaranche en Bugey. C’est ensuite l’écobilan, puis la résistance thermique et la faculté perspirante des matériaux qui ont été pris en compte. Nous avons ensuite réfléchi à un procédé de mise en œuvre réalisable et industrialisable.

Membres de l'équipe

Galataud Sebastien; Cathelineau Paul; Hamon Louis

Résistance thermique

D’après le test effectué sur notre échantillon, le lambda de l’isolant est de 0.05 W/(m.K), la valeur que nous avions trouvé auparavant était de 0.04. La résistance thermique de notre paroi avec le lambda de 0.04 est de 7.19 m2.K/W contre 6.23m2.K/W si le lambda est de 0.05.

Nous sommes allés chercher les valeurs de Résistance thermique dans la bibliographie existante. Pour le copeau et l’argile, nous nous sommes basés sur les données d’un site Allemand de personnes ayant déjà expérimenté ce procédé. Pour les couches de bambou, nous avons attribué au bambou le lambda d’une lame d’air immobile.

Durabilité

Un des avantages en terme de durabilité pour notre mélange à 75% de copeaux et 25 % d’argile est que le pouvoir cohésif de ce dernier permet le tassement préalable de l’isolant, il n’y aura donc pas de tassement différé. De plus la qualité intrinsèque de l’argile permettra de réguler l’hygroscopie de la paroi en absorbant et résorbant l’humidité selon la saturation du milieu.

L’utilisation d’un tel procédé permettra aussi de valoriser les déchets de la filière bois. Le mélange pourra lui aussi être réutilisé en tant qu’amendement ou paillage dans le cadre d’une déconstruction.

Les calculs de transfert de la vapeur d’eau ont été correctement réalisé et il apparaît dans les données qu’il y a une légère condensation seulement dans la couche extérieure avec un temps de séchage de 5 jours. Il conviendra pour une solution plus pérenne de mettre une couche intérieure avec une plus grande valeur Sd.

L’enduit chaux malgré ses caractéristiques déperlantes devra être protégé par une avancée de toit dimensionné en fonction de la région.

Impact environnemental

Nous avons choisi nos matériaux en fonction d’un critère local afin de réduire l’émissivité de Co2 due aux frets. De plus, leur réutilisation potentielle leur confèrent un écobilan positif au regard de leur cycle de vie et de leur faible émissivité.

Dans notre maquette, nous avons par exemple choisi tous nos matériaux dans un périmètre de 50 kms maximum. L’avantage de l’argile, de la chaux et du copeau est qu’il est simple de trouver ces ressources partout en France dans un périmètre restreint.

Pour le Bambou il conviendrait de développer une filière d’exploitation au même titre que l’exploitation forestière pour permettre à la construction prometteuse en bambou de se développer. Le bambou absorbe tout au long de son cycle de vie plus de Co2 que le bois, de ce fait il conviendrait donc d’étudier les modalités d’une telle exploitation.

Résumé

-Le point innovant de notre paroi est la structure et le contreventement en bambou : ce matériau écologique possède de nombreuses qualités qui correspondent à notre vision de la construction de demain. Il est pour l’instant très peu utilisé dans notre pays et son utilisation pourrait se développer davantage.
-Soumis à des tests de compression, de cisaillement, de tension et de flexion, les bambous de construction (Stenotachya, Guadua en particulier) sont toujours plus – voire beaucoup plus – performants que le Douglas, bois de construction de référence.
-Correctement assemblées, les structures en bambou sont résistantes aux séismes et ouragans
-Riche en silice (cannes récoltées à maturité – 3 à 4 ans – lorsqu’elles sont moins riches en eau et en sucre) le bambou est 30% plus dur que le chêne. Comme le chanvre, il n’est pas attaqué par les termites et il résiste mieux que les bois de construction (hormis bois exotiques précieux) aux attaques d’insectes et moisissures.
-Le bambou est plus résistant à la combustion que le chêne et le Douglas.
-Les cannes ou chaumes de bambou peuvent être traités selon deux procédés distincts. Le bambou asiatique est traité en autoclave, à l’instar du bois de bardage. Le bambou américain est cuit à l’eau salée. Ces deux techniques permettent de renforcer la résistance des cannes d’une part, et de les protéger contre les attaques d’insectes.
-L’isolation en copeaux/argile est intéressante de part la qualité intrinsèque des matériaux.
-D’après les tests effectués nous obtenons une valeur lambda de 0,05W/(m.K) qui pourra être amélioré en pérennisant le processus de mise en oeuvre.
-Il conviendra de prendre une couche intérieure plus fermé à la transition de la vapeur d’eau. -Tous les matériaux ont une faible émissivité en Co2, un écobilan positif.