Ecole Européenne de l’Art et de la Matière à Albi & – ENSA Toulouse – 2020

Ce dispositif correspond au mur nord d’une maison qui est un ancien corps de ferme traditionnel construit en adobe (brique de terre crue) et en pierre. Cette proposition s’intitule « retour à la terre », car l’objectif est de sélectionner des matériaux entièrement naturels (issus de l’agriculture) et le moins possible transformés en utilisant uniquement de la paille, du bois, de la
terre et des pierres. Ces derniers sont tous disponibles à proximité immédiate du site. L’utilisation de la paille permet de soutenir les agriculteurs du Tarn et ainsi d’entretenir l’économie et les savoir-faire locaux. Cette proposition s’ancre dans le site et dans le milieu rural et privilégie les circuits-courts. Enfin, si jamais la maison est détruite, la paille est totalement réutilisable et peut
retourner à la terre sous forme de fertilisant par exemple. Comme elle n’a pas subi de transformation, elle est entièrement biodégradable. D’autre part le choix de l’isolation en bottes
de paille dans une ossature bois simplifie la mise en oeuvre et permet une auto-construction totale ou partielle pour limiter le cout de l’installation.

Membres de l'équipe

Justine Capus, Capucine Ravoux Papalia, Camille Rouzaud, Carla Vabois, Alicia Pinier

Résistance thermique

R_additionnel  = 8.09 m2K/W.

Durabilité

L’isolation à base de paille couverte d’un enduit terre/ paille permet d’avoir un mur perspirant. En effet, la terre et la paille sont perméables et laissent passer la vapeur d’eau au sein de la paroi. Par ailleurs, le calcul du point de rosée et les caractéristiques de ces matériaux nous permettent d’éviter de placer un pare-pluie et un pare-vapeur, ce qui permet une économie de matière et de rester sur une mise en oeuvre la plus simple possible. De plus, l’enduit vient protéger l’isolant, augmentant ainsi sa durabilité. Pour résister dans le temps, un mur en terre a besoin de botte (rapport au sol, protection contre les remonté d’eau par capillarité) et de chapeau (rapport au ciel, protection de la façade lors des épisodes de pluie). Pour cela, nous conservons le mur en pierre du rez-de-chaussée déjà existant en le prolongeant sous l’isolant et l’enduit. Ce soubassement évite les remontées capillaires dans l’enduit et l’isolant. En toiture, l’avancée est prolongée de 60cm pour limiter le ruissellement de l’eau en façade. Ainsi, le traitement du bas et du haut du mur permet à cette structure de résister dans le temps.

Impact environnemental

Afin de mesurer l’impact environnemental du projet, nous avons réalisé une étude de l’impact environnemental :
– La matière première est le blé, pour la produire nous avons besoin de graines, d’eau et de carburant pour les tracteurs qui servent à le cultiver.
– Pour le mettre sous forme de botte de paille, nous avons uniquement du carburant (car c’est une machine qui le fait directement). Puis la consommation du carburant pour transporter les
bottes de paille. C’est la seule dépense « pétrolière » à l’heure actuelle, qui pourrait être minimisée.
– Concernant la mise en oeuvre, nous avons besoin de bois afin de fabriquer l’ossature bois qui viendra soutenir les bottes de paille. Ce bois serait du chêne ou du châtaignier afin d’utiliser
une essence locale.
– Il n’y a plus aucune consommation jusqu’à la fin de vie du bâtiment.
La paille est un matériau qui peut très bien être réutilisée dans d’autres contextes (une autre isolation, de la nourriture pour des animaux, en litière ou en fertilisant pour des terres agricoles)
et dans ce cas, cela consommerait du carburant pour le transport. Ainsi, on peut remarquer que ce système d’isolation permet de réduire au maximum la transformation des matériaux et très peu de consommation. Le tout fonctionne sous forme d’un circuit-court, tout est local. Enfin la particularité est qu’ici tous les matériaux utilisés peuvent être recyclés pour une autre
activité ou pour une autre construction.

Résumé

Le bâtiment sur lequel nous intervenons est construit avec les matériaux locaux, il est ancré dans une culture agricole par les savoir-faire et les matériaux utilisés. Nous avons souhaité conserver cet ancrage technique et culturel et mettre en avant l’histoire de ce territoire et de ce bâtiment. Cependant construire avec les matériaux issus de l’agriculture demande plusieurs adaptations :
– se mettre au rythme des saisons et des cultures. Ainsi nous avons imaginé un chantier phasé en fonction des récoltes et des activités agricoles.
– Adapter la technique aux matériaux disponibles et non l’inverse pour éviter toute transformation supplémentaire et les déchets issus ces étapes de transformation.
– Une connaissance du milieu dans lequel on construit, c’est-à-dire de l’environnement tant physique que social, tant technique que culturel, tant écologique qu’économique.
Ce choix en plus d’aborder la question de la construction écologique nous amène à aborder la question économique. L’utilisation de la paille permet d’avoir un cout très faible et une facilité de mise en oeuvre permettant l’auto-construction. Le rapport qualité-prix est également l’un des points forts de cette paroi. Nous avons souhaité montrer que la rénovation écologique peut être accessible à des petits budgets.